Décret n°2025-894 sur les armes blanches : ce que les agents de sécurité doivent savoir
- Cordial Sécurité
- 15 sept. 2025
- 4 min de lecture

RÉGLEMENTATION
Décret n°2025-894 sur les armes blanches :
Ce que les agents de sécurité doivent savoir
1. Contexte : pourquoi ce décret ?
Le 10 juin 2025, une surveillante de collège a été mortellement agressée à l'arme blanche. Ce drame a relancé le débat sur l'accessibilité trop facile de certaines armes blanches en France. Face à la pression médiatique et aux demandes syndicales, le gouvernement a réagi par une réponse normative forte : le décret n°2025-894 du 5 septembre 2025, publié au Journal Officiel le 6 septembre 2025.
Ce texte s'inscrit dans un plan gouvernemental plus large de restriction de l'accès des armes blanches, notamment aux mineurs. Il vient compléter un premier arrêté du 4 juillet 2025, qui avait déjà élargi la catégorie D (vente réglementée) à plusieurs types d'armes jusqu'alors en vente totalement libre.
2. Ce que dit concrètement le décret
Une nouvelle définition de l'arme blanche dans le décret n°2025-894 sur les armes blanches
Le décret précise désormais qu'une arme blanche est « toute arme dont l'action perforante, tranchante ou contondante n'est due qu'à la force humaine ou à un mécanisme auquel elle a été transmise, à l'exclusion d'une explosion ». Cette définition reconnaît explicitement le caractère contondant (choc, écrasement) comme critère de dangerosité.
Des armes reclassées en catégorie A1 : interdiction totale
La mesure phare du décret est le reclassement en catégorie A1 (armes interdites à l'acquisition et à la détention) de deux types d'armes :
• Couteaux « Zombie » : Couteaux, coutelas et machettes à lame fixe présentant simultanément un côté tranchant, une extrémité pointue, un côté dentelé, et soit plus d'un trou dans la lame, soit plusieurs pointes acérées.
• Poings américains modernes : Armes contondantes d'un modèle postérieur au 1er janvier 1900, conçues pour que quatre doigts soient protégés tout en accentuant l'efficacité vulnérante de la frappe.
⚠️ La catégorie A1 est la plus restrictive du droit français. Elle correspond aux armes de guerre : leur détention, acquisition, vente et fabrication sont totalement interdites pour les civils, sans possibilité de dérogation individuelle. |
L'arrêté du 4 juillet 2025 : armes passées en catégorie D
En amont du décret, cet arrêté avait placé en catégorie D (soumise à autorisation de commerce) plusieurs armes auparavant en vente libre :
• Couteaux « papillon » (Balisong)
• Couteaux à cran d'arrêt à ouverture automatique
• Étoiles de Ninja (Shurikens)
• Armes mixtes antérieures au 1er janvier 1946 combinant poing américain et lame
3. Tableau de synthèse des nouvelles classifications
Arme | Ancienne classif. | Nouvelle classif. | Conséquence |
Couteau « Zombie » | Catégorie D | Catégorie A1 ⛔ | Interdiction totale |
Poing américain (post-1900) | Catégorie D | Catégorie A1 ⛔ | Interdiction totale |
Couteau papillon / Balisong | Vente libre | Catégorie D | Autorisation requise |
Couteau à cran d'arrêt auto. | Vente libre | Catégorie D | Autorisation requise |
Étoile de Ninja | Vente libre | Catégorie D | Autorisation requise |
Poing américain (avant 1900) | Catégorie B | Catégorie B | Statut inchangé |
4. Les obligations concrètes par acteur
Pour les particuliers détenteurs
Toute personne détenant un poing américain (postérieur à 1900) ou un couteau Zombie avait jusqu'au 7 décembre 2025 pour le remettre volontairement à un commissariat de police ou à une gendarmerie. La procédure est gratuite, anonyme, et exempte de poursuites.
🚨 Au-delà du délai, conserver ces armes est un délit passible de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende. Une inscription au FINIADA (Fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes) est également possible. |
Pour les commerçants et armureries
Les commerçants qui vendaient ces armes classées en A1 avaient jusqu'au 6 décembre 2025 pour cesser toute commercialisation et remettre leurs stocks. Tous les points de vente d'armes blanches doivent désormais afficher de façon visible l'interdiction de vente aux mineurs (délai de 6 mois accordé).
Pour les armes passées en catégorie D (couteaux papillon, automatiques, étoiles de Ninja), une autorisation d'ouverture de commerce est requise. Délai de dépôt : 7 janvier 2026.
Pour les agents de sécurité et entreprises de gardiennage
Ce décret a des implications directes pour le secteur de la sécurité privée. Lors des contrôles d'accès à des sites sensibles, des événements ou des établissements scolaires :
• La simple détention d'un poing américain ou d'un couteau Zombie constitue une infraction pénale, sans qu'il soit nécessaire d'invoquer un « port sans motif légitime ».
• La détection de ces armes lors de fouilles préventives doit systématiquement donner lieu à une information des forces de l'ordre.
• Pour le transport d'armes de catégorie D, le port hors domicile est interdit sans motif légitime, sous peine d'une amende pouvant aller jusqu'à 15 000 € et 1 an de prison.
5. Un contexte plus large
La France a choisi une approche radicale, en accord avec les standards européens. La Suisse et le Royaume-Uni interdisent depuis plusieurs années la vente et la détention des poings américains modernes. Depuis 2020, les actes de violence avec arme blanche représentent une part croissante des faits de violence enregistrés en France, notamment en milieu scolaire et dans les transports.
L'arrêté du 4 juillet et le décret de septembre 2025 forment un double dispositif : l'un régule la vente de certaines armes (catégorie D), l'autre interdit totalement les plus dangereuses (catégorie A1). La police nationale et la gendarmerie ont d'ores et déjà renforcé leurs contrôles.
6. Ce qu'il faut retenir en pratique
• Catégorie A1 (interdiction absolue) : couteaux Zombie et poings américains post-1900 → 5 ans de prison et 75 000 € d'amende.
• Catégorie D (nouveaux entrants) : couteaux papillon, automatiques, étoiles de ninja → vente soumise à autorisation et obligation d'affichage.
• Délais de mise en conformité (décembre 2025 – janvier 2026) dépassés : les contrôles de la police administrative ont commencé.
• Pour les agents de sécurité : toute détection lors de fouilles préventives doit systématiquement être signalée aux forces de l'ordre.
Vous souhaitez former vos équipes aux nouvelles règles ? Contactez Cordial Sécurité pour un accompagnement personnalisé. 📞 04.65.84.01.10 — contact@cordial-securite.com |

Commentaires